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Aval du cycle électronucléaire et énergie nucléaire

Le nucléaire du futur  : un enjeu fondamental pour la société française

 

La France dépend de la fission nucléaire pour environ 80% de sa production électrique. La durée prévisible du parc de réacteurs actuel, le besoin de disposer sur le siècle à venir d’une marge nationale d’indépendance énergétique ainsi que la politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur laquelle notre pays s’est engagé donnent à penser que cette dépendance continuera à un niveau important sur la majeure part du 21e siècle.

Les recherches à mener pour assurer la viabilité de cette politique énergétique sur le long terme couvrent aussi bien le cycle de production énergétique nucléaire proprement dit que la gestion du devenir de ses divers déchets. La loi du 28 juin 2006 qui a pris le relai de la loi Bataille (1991) a défini pour la période 2006-2015 un cadre de travail global pour les recherches. Elle en a confié la responsabilité du pilotage aux deux grands acteurs CEA et Andra. Elle a défini les conditions de son financement par les producteurs EDF et Areva et a explicité le besoin d’un engagement du CNRS.

Pour assurer la contribution du CNRS à cet effort de recherche national, l’IN2P3 a lancé un Programme interdisciplinaire sur l’aval du cycle et l’énergie nucléaire (Pacen) et pris la responsabilité de son pilotage. Pacen s’appuie sur la structure du Centre en départements et instituts thématiques pour mobiliser de façon transverse le spectre des compétences du CNRS sur l’ensemble de la recherche finalisée associée au nucléaire du futur. Les axes de recherche définis par la loi sont d’une part la transmutation en relation avec le nucléaire du futur (pilote CEA) et d’autre part le stockage géologique réversible des déchets à vie longue (pilote Andra). Au CNRS, le premier mobilise pour l’essentiel, physiciens, ingénieurs et chimistes. Le second concerne plus particulièrement les chimistes, ingénieurs mathématiciens appliqués et géologues. Finalement, le parlement et la Commission nationale d’évaluation (CNE) instituée par la loi de 2006 ont exprimé leur intérêt à voir le CNRS mobiliser ses compétences en Sciences Humaines et Sociales.

 

imageLes principes qui ont présidé à l’organisation de Pacen sont :

  • une couverture aussi complète que possible pour le CNRS du champ des recherches associé au nucléaire du futur (fission exclusivement car la recherche sur la fusion est suivie par un autre programme),
  • la mise en place d’une collaboration avec les grands acteurs français du nucléaire sur leurs grandes lignes stratégiques,
  • la subsidiarité, là où le CNRS dispose de la compétence et des ressources humaines pour monter des actions pertinentes au regard de programmes validés au niveau international (Europe, monde), quoique n’étant pas actuellement en phase avec la stratégie des acteurs nationaux,
  • la mise en cohérence et la coordination de l’ensemble de ces actions par une structure de pilotage souple.

     

     


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Pour assurer le premier point, Pacen a défini des thèmes de recherche depuis la physique des réacteurs jusqu’à la géologie du stockage en passant par la chimie des matériaux innovants, la séparation et la simulation mathématique des transferts en milieu géologique. Il a ensuite mobilisé des équipes de l’ensemble des départements du CNRS pour travailler sur ces sujets.

Le second point est réalisé par la mise sur pied de Groupement Nationaux de Recherche (GNR) sur ces thèmes bien circonscrits en collaboration avec les acteurs français concernés. Actuellement six de ces groupements (Gedepeon, Paris, Matinex, Forpro, Momas, Trasse) ont été lancés associant le CNRS au CEA, à l’Andra, EDF, Areva, l’IRSN et le BRGM.

Le troisième point prend acte de la capacité du CNRS d’avoir une action originale sur des sujets spécifiques comme le cycle du thorium et les réacteurs sels fondus retenus comme une des six options de GEN-IV, sur la physique des accélérateurs haute intensité qui sous-tend la physique des systèmes assistés par accélérateurs (ADS), un thème répertorié dans la loi de 2006, et sur les questions de sciences sociales. Pour mener à bien les recherches associées, Pacen a organisé des Programmes communs de recherche (PCR) qui associent des équipes de plusieurs départements ou Instituts du CNRS. Actuellement, trois PCR sont en activité : "Sels-Fondus", "Accélérateur" et" Acssone".

Les structures GNR et PCR s’appuient sur un conseil scientifique qui, chaque année, suite à un appel à propositions, conseille leur direction dans les choix des actions à financer. La décision de financement et le contrôle de l’activité sont effectués par un conseil de groupement où les organismes financeurs sont représentés.

 

Finalement, la coordination globale de Pacen est assurée par un bureau qui organise chaque année des ateliers en commun sur les interfaces des GNR et PCR de façon à créer ou favoriser l’interaction des diverses communautés scientifiques. En outre, Pacen rend compte de son activité globale à la CNE lors de participation aux sessions appropriées. En interne au CNRS, il présente un rapport annuel d’activité devant un comité de pilotage ad-hoc présidé par le directeur de l’IN2P3.

Par ailleurs Pacen, qui représente le monde académique dans le comité technique Euratom, s’attache à organiser la présence des équipes du CNRS dans les divers programmes du 7e Programme cadre.

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